Marc-Aurèle DE FOY SUZOR-COTÉ (1869-1937)
La cueillette des coquelicots
Huile sur toile
Signée en bas à droite
128 x 162 cm
Encadré
Rapport de condition disponible sur demande : contact@neo-encheres.com
Provenance
Collection Édouard Drouot (1859-1945) puis par descendance à l’actuel propriétaire. Édouard Drouot est un artiste français, principalement connu comme sculpteur académiste et réaliste.
Notice
Figure majeure de la peinture canadienne au tournant du XXe siècle, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté s’inscrit dans la lignée des artistes qui ont contribué à définir une identité picturale nationale, entre héritage académique européen et émergence d’une sensibilité nord-américaine.
Avec « La cueillette des coquelicots », Suzor-Coté déploie une composition de grand format où la figure humaine s’intègre harmonieusement dans un paysage lumineux. Fidèle à son approche, l’artiste privilégie une touche souple et vibrante, attentive aux effets de lumière et à la modulation atmosphérique. La scène, centrée sur une activité rurale, témoigne d’un intérêt pour le quotidien et la relation entre l’homme et la nature, thème récurrent dans son œuvre.
Formé en Europe, notamment à Paris, Suzor-Coté reste marqué par l’enseignement académique tout en évoluant vers une facture plus libre. Son travail s’inscrit ainsi dans une continuité qui relie les pionniers de la peinture canadienne tels que Cornelius Krieghoff et Paul Peel, tout en annonçant les recherches atmosphériques de Maurice Cullen et James Wilson Morrice.
Par son attention à la lumière et à la structuration du paysage, Suzor-Coté préfigure également certaines préoccupations du Groupe des Sept, incarné notamment par Lawren Harris, A. Y. Jackson et Tom Thomson, ainsi que par Emily Carr. Toutefois, contrairement à ces derniers, il conserve un attachement à la figure et à une certaine narration.
Son œuvre dialogue également, par contraste, avec les évolutions plus radicales de la modernité canadienne, représentées par Paul-Émile Borduas et Jean-Paul Riopelle, ou encore avec les recherches plastiques d’un Jack Bush. À l’inverse, elle partage avec Clarence Gagnon et Marc-Aurèle Fortin un attachement au paysage québécois et à ses spécificités culturelles.
Enfin, la dimension contemplative et poétique de ses compositions trouve un écho plus tardif dans l’œuvre de Jean Paul Lemieux, bien que ce dernier adopte un langage formel très différent.



