Paul SIEFFERT (1874 – 1957)
Femme nue allongée
Huile sur toile
Signée « P Sieffert » en bas à gauche, contresignée et numérotée « P Sieffert N° 370 » au revers
Encadrement en bois peint et doré
73 x 54 cm
(très légers éclats sur la toile)
Peintre de la grâce et de l’élégance, la peinture de Paul Eugène René Sieffert (1874 – 1957) incarne la résistance d’un courant académique, fidèle aux enseignements des Beaux-Arts du début du XXe siècle.
Elève de Gérôme, Albert Maignan et Gabriel Guay, l’artiste s’inspire des touches sensuelles et gracieuses de ses maîtres Très actif au sein de différents cercles artistiques, il devient Sociétaire des Artistes Français en 1902 et participe activement à la Société des Amis des Arts de Bordeaux et au Salon d’Hiver.
Sieffert expose au Salon depuis 1894 et rencontre un franc succès auprès des institutions académiques. Sa toile « L’ombre de Clytemnestre et les Euménides », exposée en 1898 est ainsi acquise par l’État pour le Musée du château de Vitré. Le peintre obtient également le Prix de Rome en 1902 pour « La Résurrection de la fille de Jaïre », toile aujourd’hui conservée au musée de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1931, il obtient le diplôme d’honneur à l’Exposition Universelle de 1937.
Le sujet traditionnel du nu s’impose comme sujet d’excellence pour l’artiste. Dans ce nu allongé, la douceur du sujet et de la touche, renforcées par les tonalités chaudes de la toile, rendent hommage à l’académisme du XIXe siècle. Le canon parfait du sujet et sa pose lascive renvoient aux grandes figures de la peinture, de la Vénus d’Urbino du Titien (1538, Galerie des Offices, Florence) à la « Maja Desnuda » de Francisco Goya (1795-1800, Musée du Prado, Madrid). La modernité de la scène rappelée par le maquillage de la femme, l’arrière-plan au papier peint japonisant et le visage réaliste du modèle ancrent cependant Sieffert dans la peinture moderne, en écho notamment avec « L’Olympia » d’Edouard Manet (1863, Musée d’Orsay, Paris).
Renommé pour ses nus, Sieffert réalise aussi des cartons pour les vitraux de l’église paroissiale Saint-Martin à Cognac et des illustrations de recueils de poésies et d’ouvrages.



