[Vendue sur désignation]
Porte en bois sculpté, Nord du Pakistan, XIXe siècle ou antérieure
Porte en bois à deux vantaux rythmés de traverses horizontales à rivets, fermant par un cadenas à clef en alliage cuivreux gravé de cercles et doté d’une chaînette. La porte est placée dans un monumental encadrement en bois sculpté et partiellement ajouré d’un riche décor mêlant des registres géométriques et végétaux. Du centre vers l’extérieur s’observent une bordure de croisillons renfermant des fleurs, une frise de rinceaux garnis de palmettes, une frise alternant médaillons fleuronnés et rosettes. Entre ces principales bordures s’intercalent de fines frises géométriques et l’ensemble du décor est ponctué de rivets à tête hémisphérique ou étoilée. Tous ces registres se déploient autour d’un double-linteau ajouré comptant un panneau à treillis végétal surmonté de trois panneaux à décor géométrique respectivement de chevrons, d’étoiles tournoyantes évoquant des svastikas et de motifs striés. Les jambages sont sculptés tels des colonnes, d’une base de laquelle s’échappent des motifs de fleurs et de feuillages.
260 x 188 cm
Usure, fissures, petits manques, quelques rivets manquants, oxydation des parties métalliques, quelques renforts et cadre postérieurs.
La structure de cette porte à deux vantaux renforcés de traverses horizontales rivetées, encadrés de jambages richement sculptés et surmontés de linteaux ajourés est caractéristique du travail du bois au Nord du Pakistan. L’organisation de son décor sculpté et le vocable ornemental employé présentent de nombreuses similarités avec des portes encore conservées localement. Elle est extrêmement proche dans son ensemble d’une porte du quadrilatère de l’Empereur Jahangir au fort de Lahore (1617-18), ainsi que de plusieurs spécimens de l’Heritage Museum d’Islamabad. Les panneaux ajourés observables sur son linteau sont également fréquents dans l’architecture de bois de la région. On en observe par exemple au-dessus de l’arcade de la salle de prière de la mosquée Loi Masjid de Mian Kalay (région du Dir, XIXe siècle) dont les colonnes ont d’ailleurs une base sculptée de feuillages comme sur la partie basse des jambages de notre porte. Cette caractéristique se retrouve également sur des colonnes de bois de l’Ali Khan Khelo Jumat à Kokarai (Swat) dont des jambages de porte présentent la même frise de rinceaux à grasses palmettes que celle de notre porte.
Dès la période préislamique avec l’érection de temples hindous en bois, la région a cultivé une belle tradition du travail de ce matériau perpétrée à l’époque moghole où les motifs se transposent également à la pierre, et encore entretenue aujourd’hui par la restauration de pièces anciennes ou la création de nouvelles inspirées de modèles anciens.
Bibliographie
DANI, Ahmad Hasan, Islamic architecture, The Wooden Style of Northern Pakistan, National Hijra Council, Islamabad: 1989.
NABI KHAN, Ahmad, Islamic architecture of Pakistan, an Analytical Exposition, volume 1, National Hijra Council, Islamabad: 1990.
Note: Le transport et le démontage éventuel de la porte est à la charge de l’acquéreur. L’enlèvement sera à effectuer à Chennevières-sur-Marne (94430).
Expert : Camille Celier



