Yvan TOVAR (1942-2020)
Le mot retrouvé, 1971
Huile sur toile
Signée, datée et dédicacée en bas à droite « Para Xavier », signé, titrée et située au dos peut-être : « 100 rue de l’abbé Groult Paris 15 »
50 x 60 cm
Nous remercions Madame Daniela Tovar d’avoir confirmé l’authenticité de cette œuvre. Un certificat pourra être délivré à la charge de l’acquéreur.
Le droit de suite sera à la charge de l’acquéreur.
Provenance
Collection privée française. Le tableau appartenait à un ami de l’artiste, critique gastronomique, puis est venu par héritage.
Notice
Yvan Tovar, né en République dominicaine en 1948, s’impose dès les années 1960 comme l’une des figures majeures du surréalisme caribéen. Élève de Gilberto Hernández Ortega, maître de la peinture dominicaine, il hérite d’une approche onirique et symboliste qui marquera durablement son œuvre. Arrivé à Paris en 1968, il s’intègre rapidement au bouillonnement artistique et fréquente José Pierre, poète et critique surréaliste, qui l’encourage et rédige le texte de sa première exposition personnelle à la Galerie 3 + 2 en 1969. Cette même année, il obtient le second prix au prestigieux concours de dessin Eduardo León Jimenes.
Influencé par l’univers hybride et magique de Wifredo Lam, mais aussi par les poèmes de Federico García Lorca, Tovar développe un langage plastique singulier où formes humaines, animales et végétales fusionnent dans des compositions énigmatiques. Ses tableaux, où l’érotisme côtoie la métamorphose, évoquent à la fois l’héritage caribéen et les raffinements européens, empruntant à Vermeer une certaine lumière silencieuse et à Morandi l’art du dépouillement. Son univers peut rappeler également celui d’Yves Tanguy, par ses paysages mentaux mystérieux, ou encore celui de Richard Lindner, par ses figures puissantes et stylisées.
Sa première grande exposition institutionnelle a lieu en 1983 à la Biennale de Paris, marquant une étape importante de reconnaissance internationale. Il poursuit ensuite une carrière remarquée, exposant au Luxembourg, à Stockholm, à Lisbonne, à New York, mais aussi à la Galerie Albert Loeb à Paris, qui jouera un rôle clé dans sa diffusion en France. En 1996, deux expositions personnelles majeures lui sont consacrées à Saint-Domingue, à la galerie Lyle O. Reitzel Arte Contemporáneo : Bestiare en novembre et Obra Gráfica & Dibujos Inéditos de Iván Tovar en février.
Tout au long de sa carrière, Tovar entretient des liens d’amitié et d’admiration avec des artistes comme René Portocarrero, Rufino Tamayo ou Matta, partageant avec eux le goût des mondes intérieurs et de l’inconscient. Bien que souvent étiqueté comme néo-surréaliste, son style tend davantage vers un symbolisme personnel et énigmatique. Poète autant que peintre, il puise dans l’œuvre de Vicente Huidobro une inspiration constante, cherchant à faire de chaque toile une énigme poétique. Ses œuvres, puissantes et raffinées, continuent aujourd’hui de fasciner par leur capacité à suspendre le temps et à faire vibrer le regardeur entre rêve et réalité.



