NODIER (Charles). Ensemble de 2 lettres autographes signées comprenant :
– adressée à Cyprien Bérard, rédigée à Paris le 10 septembre 1827.
« Mon très cher confrère et ami,
Me pardonnerez-vous de compter assez sur votre amitié pour vous assaillir sans façon d’une sollicitation à laquelle j’attache à la vérité beaucoup d’importance ? Voici le fait.
Le porteur de ma lettre, M. Cabuchet est mon ami, le fils, l’allié, l’ami de tous mes amis. Il était venu établir à Paris une imprimerie que sa haute intelligence, sa parfaite probité, son exactitude et son aptitude au travail devait rendre florissante. Les persécutions assidues des sottes gens qui gouvernent maintenant la littérature avec la férule des Jésuites l’ont forcé à la vendre. Il est maintenant non sans ressources honorables, mais sans état, et sa modique fortune ne le dispense pas d’en avoir un.
Je lui ai dit que vous aviez en commun avec l’honorable et excellent M. Laffitte beaucoup de vastes entreprises ou un gérant doué de facultés pareilles aux siennes, et capable d’offrir autant de responsabilités serait sans doute bien accueilli. On cite entr’autres une entreprise de fabrication de la bierre où il serait facile de l’employer avantageusement.
Mais avez-vous un intérêt dans celle-ci ? et au cas où elle vous serait étrangère me refuseriez-vous de vous joindre à moi auprès de M. Laffitte qui ne s’est jamais manifesté à mon cœur que par des actes de mémorable bonté, pour en obtenir celui-ci que je regarderai personnellement comme un bienfait de plus ?
Répondez-moi quelques mots, rappelez-moi au souvenir de M. votre fils que j’ai vu avec tant de plaisir à Rodez, et conservez quelque attachement à votre bien dévoué Charles Nodier. »
– adressée à Léon Laya, rédigée à Paris le 27 octobre 1833.
« Monsieur,
Je reçois votre lettre et vos offres avec la plus profonde reconnaissance car j’ai à cœur de me montrer digne de succéder à M. Laya, au moins par le tribut que je dois payer à ses talents et à ses vertus. Je m’empresserais de vous voir chez vous, si je ne supposais que vos fonctions vous permettent sûrement de vous y trouver aux seules heures dont je dispose ; mais vous me trouverez toujours chez moi à deux heures, quand vous serez libre de venir vous promener jusqu’ici, et comme mon discours est encore loin d’être sur le métier, j’espère que vous pourrez me procurer le plaisir de votre visite sans trop de dérangement.
Je suis avec une vive et profonde considération ; votre très dévoué. »
Expert :
Nicolas ASVISIO



