[MARINE] D’ENTRECASTEAUX (Antoine Reymond Joseph de Bruni, chevalier). Ensemble de 2 lettres autographes signées adressées à « Messieurs Roux Frères, négociants à Marseille, datées du 2 juillet 1775 et du 30 septembre 1779, respectivement rédigées à Aix et à Toulon.
Intéressantes lettres du navigateur qui partit à la recherche de Lapérouse, aux célèbres négociants de Marseille dans lesquelles il passe commande pour du quinquina.
– « La bonté que vous avez, messieurs mes chers cousins, de faire choisir vous mêmes, morceaux par morceaux, le quinquina chez le négotiant qui en fait le commerce détermine mon frère à accepter l’offre que vous voulez bien nous faire. Nous vous aurons la plus grande obligation de nous en procurer une livre choisie avec le soin et de la faire parvenir le plutôt possible. Mon frère éprouve bien la différence du quinquina médiocre au véritablement bon ; huit prises de la bonne qualité doivent emporter entièrement la fièvre ; il en a pris déjà treize et il […] avant hier, moins forte à la vérité, mais très caractérisée. Nous vous flattons que celui que vous voudrez bien nous envoyer tout de suite achevera de déraciner les restes de fièvre que le quinquina de vos apothicaires ne parviendrait peut-être [?] jamais à détruire.
Mon frère eut bien du regret de ne pouvoir pas profiter de l’honneur que lui fîtes avec votre frère, j’en eus beaucoup aussi de ne pas me trouver au logis. Je demanderai à […] son logement; j’aurais eu bien du plaisir à la voir et à l’embrasser, et je suis d’autant plus faché d’en avoir manqué l’occasion, qu’obligé de me rendre promptement à Toulon, je ne pourrais pas passer à Marseille pour prendre […].
Mon frère est très sensible à l’intérêt que vous voulez bien prendre à son état. il est très accablé des cinq accès qu’il a eu déjà et dans les trois premiers ont été de vingt quatre heures […] Il me charge de vous témoigner sa reconnaissance et de vous faire un millier de compliments.
Recevez en même temps mes remerciements et les assurances du tendre attachement avec lequel je serai toute ma vie, messieurs mes chers cousins, votre très humble et très obéissant serviteur.
Je vous prierai de vouloir bien garder à Marseille jusqu’au retour de […] la portion de pistache qui lui est destinée. »
– « Je vous prie, Messieurs mes chers cousin, de vouloir bien faire demander à cet officier auxiliaire dont j’oublie toujours le nom mais dont je me rappelle bien le mérite si le nouveau lien qu’il a contracté peut lui permettre de l’embarquer sur la […]. Je souhaiterais de tout mon cœur qu’il puits s’y décider ; […] mais s’il est dans le dessein de faire campagne sur les batimens de guerre, il semble que la […] ne saurait être plus favorable, parcequ’il y a tout […] que nous ne sortirons pas de la Méditerannée connue […]. Je le prie de me dire à cet égard ses dernières intentions pour que je puisse compléter l’État major. J’en étais dans le dessein de faire cette campagne, il me suffirait d’un officier […]. Je vous prie, mon cher cousin, de recevoir […]. »
Expert :
Nicolas ASVISIO



