GABORIAU (Émile). Lettre autographe signée.
« Cher et excellent ami,
Point n’était besoin de la douche ironie de votre lettre, pour me donner le sentiment de mes torts. Ce que j’ai dû vous paraître bête et inconvenant je ne le sais que trop.
Vous avez pris la peine de vous déranger, de venir chez moi, de dépenser pour moi votre temps, et pour vous remercier je n’ai pas même trouvé les 5 minutes que vous me demandiez.
Enfin, je me suis montré
Cher ami, il faut me pardonner.
Voici 12 jours que je traverse la folie et les accablements qui précèdent tous mes romans. Au moment de me lancer dans une de ces grandes manières stupides qui doivent durer 6 mois, j’ai toutes les sensations de la femme qui va accoucher en même temps que les frissons de l’homme qui va piquer une tête dans de l’eau glacée.
Sans compter que cette fois je ne me suis pas jeté volontairement ; j’ai été poussé, chose atroce.
Millaud a cru me faire une bonne plaisanterie en me trompant de quatre jours il m’a tout bonnement assassiné. Je suis parti sans être prêt, et à l’heure qu’il est, je ne sais pas encore au juste où j’en suis. Et pour comble, il m’est tombé sur le cerveau une bourrasque étrange, et suis malade comme un chien…
Dès que j’aurai seulement une seconde, j’irai vous voir, vous remercier, m’excuser, et aussi me donner le plaisir d’admirer la belle œuvre que je devrais à votre amitié.
Mon cher ami, encore une fois, ne m’envoyez pas, je vous en prie point on doit pardonner beaucoup aux gens que vous êtes dévoué vous devez savoir que vous pouvez absolument compter sur votre.
Jean qui vous remet cette lettre est chargé de vous débarrasser du deuxième tableau […] »
Expert :
Nicolas ASVISIO



