LACORDAIRE (Henri-Dominique). Ensemble de 2 lettres autographes, l’une monogrammée, l’autre signée:
– au couvent de Bosco, 10 août 1842, adressée à M. Bernier, curé de Langouet, « J’ai reçu votre lettre du 11 juillet, où, malgré les louanges que vous me prodiguez, j’ai reconnu votre ancien attachement pour moi. J’aurais voulu vous donner plus souvent des marques du mien ; mais j’ai toujours eu bien peu de liberté. Nous sommes ici toute une famille de Français, nous préparant dans la prière et l’étude à rentrer dans notre pays ; ce n’est qu’un germe, mais comme tous les germes, il exige une grande culture.
J’ai appris avec plaisir le mariage de votre frère ; faites-lui mes compliments à la première occasion. N’oubliez pas non plus de présenter mes hommages à Monsieur et Madame Bernier. Les temps de la Poitevinière s’éloignent chaque jour. C’est un avertissement pour vous et pour moi de nous détacher de ce monde dont la figure passe si vite. Adieu, mon cher Bernier, vous devinez sans peine ce que je désire de vous et pour vous. Priez aussi pour moi. »
– Paris, 14 janvier 1841, à [Bernier] « Mon très cher abbé, j’ai été bien aise de vous revoir et d’apprendre en détail de vos nouvelles. Nous n’avons pas besoin des conseils que vous demandez ; l’âge et la grâce vous ont mûri, comme il arrive à tous les hommes dont la foi anime le coeur. Le malentendu qui vous a ôté votre paroisse sera bientôt réparé et j’espère que votre santé ne vous occasionnera plus de semblables déplacements qui sont toujours pénibles à cause des liens qu’il faut rompre et de ceux qu’il faut nouer. Prenez courage ; vous n’avez besoin que de courage. Votre vie est simple à conduire. Plus vous irez, plus vous vous détacherez de ce monde qui n’est rien qu’un nuage qui passe. Je l’éprouve pour ma part, et j’en remercie Dieu chaque jour. Je me recommande à vos prières, mon bien cher abbé, et vous offre l’expression de mes sentimens très distingués et dévoués. Fr. Henri-Dominique Lacordaire, des Fr. Prêch. »
Expert :
Nicolas ASVISIO



