BLOY (Léon). Lettre autographe signée à Alfred Vallette, le 5 juillet 1897. Enveloppe conservée.
« Mon cher Vallette,
Le deuxième mille est-il entamé ? Le four inconcevable & désespérant de la « Femme pauvre » est-il, au contraire, une chose acquise, désormais & indubitable ?
Au lieu de travailler, comme je le devrais & comme je le pourrais, je recommence la vie errante, abominable – avec quelle amertume après un tel livre sur lequel j’avais tant compté !
Je vous parle humblement du 2e mille, parcequ’alors, il y aurait un reliquat de nos tristes comptes, & qu’en outre de la quotidienne pitance d’une famille, le trac du très-prochain terme de juillet commence.
Ne voyez-vous aucun remède à cela ? »
Joint :
BLOY (Léon). Lettre autographe signée, rédigée à Paris le 17 août 1904.
« Monsieur,
Vous avez senti quelque chose en me lisant & vous avez cru devoir me l’écrire. C’est une justice à laquelle je ne suis pas accoutumé.
Le lecteur contemporain trouve très bien qu’un écrivain soit dans la misère & souffre des tourments presque infinis pour lui donner, une fois par an, la volupté d’un beau livre. Le remercier serait excessif & on s’en dispense, estimant qu’on a accompli toute justice en achetant le livre de ce malheureux.
vous seriez donc de ceux qui ont le cœur plus haut que la foule. soyez honoré pour cela.
Vous ne me parlez que de la “Femme pauvre”. Ignorez-vous mon nouveau livre “Mon journal” ?
Si vous ne l’avez pas encore je vous l’enverrais volontiers.
Recevez, je vous prie, l’expression de mes meilleurs sentiments.
P.S. : vous dites que je suis parmi les “Rageurs”. Mot inexact. J’écris les choses les plus véhémentes avec un grand calme. La rage est impuissante & convient surtout aux révoltés. Or je suis un justicier obéissant.
Qui êtes-vous et que faites-vous dans ce monde ? L.B. »
Expert :
Nicolas ASVISIO



