[MARINE] DUGOMMIER (Jacques François Coquille, dit). Mémoire sur la prise de Toulon. Manuscrit signé précédé d’une lettre signée adressée au Président de La Convention, rédigée en tant que général en chef de l’armée d’Italie chargé de la direction du siège de Toulon, au quartier général de Toulon, 8 nivose, [deuxième] année de la République [28 décembre 1793].7 pages in-4.
Important compte-rendu du siège de Toulon, donnant notamment l’état des vaisseaux et batiments dans le port de Toulon, des vaisseaux emmenés par l’ennemi et des magasins incendiés ainsi que les détails de l’opération.
« Je ne me suis pas empressé de donner les détails les plus essentiels de la réduction de Toulon, parce que je devais croire que beaucoup d’autres pouver se livrer à ce doux loisir, et satisfaire à la juste curiosité du public, sans préjudices à des plus importantes occupations.
Toulon est pris ! Ces trois mots suffisaient, aux quatre coins de la République, au moment où l’Armée républicaine eut la gloire d’entrer dans les murs de la ville rebelle. […]
Il n’est personne qui connaissant Toulon et sa défense ne vit que son côté faible était celui d’où l’on pouvait approcher les escadres combinées […].
Cette évacuation forcée répandait la consternation dans la ville, la consternation nous la livrait, et tout ce qui est arrivé a été parfaitement conforme à ce raisonnement déposé au Comité du Salut Public […].
[…] pendant près de deux heures ce fut un volcan inaccessible, tout ce que l’audace dans l’attaque, l’opiniatreté dans la défense, peut offrir au spectacle […].
Elle était défendu par une double enceinte, un camp retranché, des chevaux de frise, des puits, des buissons épineux et par le feu croisé de trois autres […] Enfin on peut dire que c’était un chef d’Oeuvre de l’art, qui prouvait combien l’ennemi savait apprécier la position dont elle défendait l’entrée. […]
Près de cinq cents prisonniers, des tas de cadavres, une foule de blessés, enfin l’Éguillette en notre possession […]
Voilà le tableau exact de la journée du 28. Il n’y manque qu’un trait que je réserverai pour l’embellir et le rendre plus cher au peuple, qu’il voit donc ses représentans donnant, au milieu de la nuit la plus dure, l’exemple de la constance, au milieu du combat, l’exemple du dévouement. Saliceti, Robespierre, Ricord et Fréron étaient sur le promontoire de l’Éguillette, et Barras sur la montagne de Pharon ; nous étions tous volontaires ! Cet ensemble fraternel & héroïque était bien fait pour mériter la victoire. […]
Ce tour mémorable, qui a rendu à la République son plus beau port, qui a vengé la volonté générale d’une volonté partielle et gangrenée dont le délire a causé les plus grands maux. […] Enfin la Liberté, l’Égalité, relevées pour toujours dans le midi de la france par ce grand évènement.
Voilà ce qu’il fallait présenter à l’histoire et non des gémissements qu’on a point entendu, des risques qu’on n’a point couru […]. »
(nombreuses rousseurs, déchirures avec manques de papier affectant le texte, notamment à la lettre)
Expert :
Nicolas ASVISIO



