JOUHANDEAU (Marcel). Lettre autographe signée, adressée à Henri Rode, le 19 septembre 1955. 3 pages.
« Mon petit Henri,
Je vous avais écrit à Villeneuve et sans doute vous a-t-on transmis ma lettre. Vous ne m’avez jamais dit à quelle date vous seriez à Paris.
Je rentre mardi prochain et demain en huit.
Pourquoi êtes-vous si sévère avec les autres ? Il faut les admettre, comme ils sont. Je ne parle pas de la maîtresse de R. Sur ce point je serai aussi ferme que vous.
D’ailleurs, j’ai l’impression que R. est très heureux que je ne le voie pas et je crois qu’il serait très fâché que vous la vissiez.
Les hommes qui se lient avec de vieilles dames évitent de se montrer avec elles et même de les montrer. C’est constant.
Peut-être vous enverrai-je, avant que vous me voyiez, mon nouveau travail, ma vie de St Philippe, que j’ai achevée.
Je me demande comme vous avez pu raccorder des textes qui n’étaient pas faits pour se rejoindre.
Toujours très […] par l’état de ma Céline que j’adore.
Mon petit Robert m’a écrit une charmante lettre qui m’a fait battre [?] le coeur. Au souvenir de toutes celles qui l’ont précédée.
Je vous verrai, dès mon retour, que j’attends avec un peu plus de hâte, parce que je vous sais à Paris.
Je vous embrasse, votre Marcel. »
Joint :
– JOUHANDEAU (Marcel). Lettre autographe signée, datée du 07 août 1973. Enveloppe conservée. 2 pages.
« Chère amie, […] Je viens de faire un petit ouvrage qui a causé une syncope, mais le cardiologue m’a rassuré, mon coeur a la vigueur d’un coeur de jeune homme.
Le texte a pour titre « Cantique du singulier à l’Éternel ». […] Bibliophiles de l’Union française. Tirage à 60 exemplaires souhaité. Valeur de l’exemple de 500.000 à 1 million anciens.
Ce qui compte, c’est que mon texte soit bon, il m’a exalté. »
– JOUHANDEAU (Marcel). Brouillon autographe, plusieurs ratures, 2 pages et 2 lignes.
« Marcel Jouhandeau présenté trois pièces radiophoniques.
Olympias rapporte les circonstances invraisemblables de la mort de Philippe de Macédoine. La pudeur de Plutarque l’empêche d’être précis, mais Diodore de Sicile ne nous fait grâce heureusement d’aucun détail scabreux. La rivalité de deux gardes du corps et Philippe qui portent le même nom : Pausanias est à l’origine du meurtre qui permet à Alexandre d’être roi.
Antistia n’est qu’une anecdote en trois lignes qui illustre la jeunesse de Pompée et fléchit le régime tyrannique de Sylla. La pitié et l’horreur y ont beau jeu.
Quant à Tout ou rien, j’en ai trouvé la trame dans un fait-divers de Paris-soir d’une originalité, d’un tragique incomparables. »
Expert :
Nicolas ASVISIO



