DESBORDES-VALMORE (Marceline). Lettre autographe signée adressée à sa fille Ondine, datée du 30 octobre 1850 [?].
« Chère Line. Voici deux ciseaux pour demain, et le coeur de ta mère au milieu. Ça n’a été bon qu’à aimer et à souffrir. Tant pis ! C’est la volonté de leur créateur.
J’ignore encore si je pourrai sortir aujourd’hui – ce serait pour toi – pour presser ta chère tête blonde contre moi –
Tu sais bien qu’une Angoisse de ton esprit passe à travers le Mien.
Eh ! Quoi ? Tu souffrirais dans l’avenir ce que j’ai souffert dans le passé !? – Tu saurais la dure nécessité de vivre des jours entiers loin de toi-même ? loin de l’Enfant… N’appuie-pas, s’il le faut, sur une telle torture afin d’en avoir le courage – puisses-tu n’apprendre ta Mère que dans les pages heureuses de triste livre.
Je taime bien ma fille – et je t’ai bien ardemment Aimée.
Je suis un peu soulagée si tu tousses moins. Ne va pas dire de l’orge à Adèle comme je t’ai dit sottement c’est de l’humble Avoine, dans sa […] et cuite à petit feu – puis, passée et sucrée.
Ton Père se promène à pas qui demandent ma lettre. Je n’entends donc plus qu’une chose dans mes idées : c’est que je t’aime et que je t’embrasse à travers tout. »
Joint :
DESBORDES-VALMORE (Marceline). Lettre autographe signée adressée à Auguste Brizeux, , datée du mardi 5 février.
« Voici ce qui est arrive : – Notre petite servante a couru faire son devoir à Neuilly – chez sa soeur qui perdait… un enfant adoré ! – Victoire a veillé, pleuré, tout vu ! – Moi, j’ai fait de la victoire selon mes forces et nous avons été le pain et le sel au dehors. –
Voilà ce qui arrivera ce soir. Si vous nous aimez – vous serez à notre petite table, servie par Victoire, un peu remise, et près de nos coeurs qui vous aiment !
A six heures ! Marceline »
Expert :
Nicolas ASVISIO



