[MARINE] D’HORNOY (Charles Marius de Dompierre). Lettre autographe signée, rédigée à Makung, le 12 juin 1885.
Touchante lettre autographe annonçant la mort de l’Amiral Courbet.
« Ma pauvre Marie,
Triste nouvelle.
L’Amiral Courbet est mort cette nuit on dira peut-être que c’est une maladie quelconque non dès les préliminaires de la paix honteuse qu’on se prépare à signer – il était malade – homme de devoir – il l’avait fait entier – et son âme abattu par la pensée de ses travaux de ses veilles inutiles – ne le soutenez plus lui l’invincible – quand il voyait les Chinois vaincus par lui – nous imposer un traité humiliant.
[…] oui – cela est vrai car dans l’affolement de ce que l’on appelle le peuple français tout a disparu – honneur dignité – c’était à Pékin qu’on devait faire la paix – […]
Pauvres gens – […] ministres ou électeurs qui ne savent pas que quand le prestige est atteint en un seul endroit il s’en ressent partout – Allez ! Français chantez la paix faîte sur le cadavre de votre amiral.
Vous avez préparé les guerres futures.
Fasse le ciel que les Chinois un jour bouleversant la vieille Europe ne viennent nous demander compte dans nos anciennes capitales de leur frontière violée de leur sécurité séculaire [?] entamée par nous Européens qui depuis les portugais anglais et autres avaient voulu entrer chez eux malgré eux. Le commerce, l’écoulement de produits c’est beau, mais vous avez joué avec le feu – le feu vous brûle et ces allemands qui fournissent armes & instructeurs seront peut-être les premiers à s’en repentir à moins que le danger commun ne réalise cette utopie actuelle, la Fraternité, les États-Unis, l’Europe, je le souhaite.
Je suis bien de corps malade d’esprit et vous embrasse tous de coeur.
Quelle perte pour la France – & quel vaillant français ! »
Joint : COURBET (Amédée), amiral. Ensemble de 2 lettres autographes signées.
– Bayard, 30 mai 1884.
« […] On cesse de battre le fer juste au moment où il est chaud. Les chinois se […] devant la magnanimité de la France victorieuse ; ils sauvent la caisse, c’est le principal à leurs yeux. […] nous y aurions facilement trouvé 150 à 200 millions de francs pour payer notre gloire ; ils sauront y puiser les ressources nécessaires pour nous créer de nouveaux embarras d’ici à quelques années. […] »
– Paris, le 20 avril 1877.
« Monsieur le Ministre,
J’ai l’honneur de vous adresser les comptes des dépenses que j’ai faites pendant ma mision en Angleterre, du 4 au 19 avril 1877.
Je suis, avec un profond respect, Monsieur le Ministre, votre très obéissant serviteur. »
Expert :
Nicolas ASVISIO



