Fernand LÉGER (1881-1955)
Portrait d’Arthur Rimbaud, 1949
Encre et gouache sur papier monogrammée « FL » et datée « 49 » en bas à droite
Inscription manuscrite au dos au crayon « Gouache originale de Fernand Léger exécutée par l’artiste en 1949 pour les Illuminations de Rimbaud », cachet à l’encre « Éditions des Gaules Louis GROSCLAUDE » et signée « L. Grosclaude » sur le cachet au crayon
32,4 x 24,1 cm
Rapport de condition disponible sur demande à l’adresse :
contact@neo-encheres.com
Provenance
Collection de Monsieur F.
Collection de Louis Grosclaude
Nous remercions le comité Léger d’avoir confirmé l’authenticité de cette œuvre.
Un certificat d’authenticité sera remis à l’acquéreur. L’œuvre est intégrée au catalogue raisonné sous la référence 202402-000500.
Notice
Louis Grosclaude est un éditeur suisse installé à Lausanne.
Amateur du travail de Fernand Léger, il a pour projet de publier une luxueuse édition du recueil de poèmes d’Arthur Rimbaud (1854-1891) : « Les Illuminations ». Le 28 janvier 1949, le contrat est conclu entre Louis Grosclaude et Fernand Léger, marquant le début du projet pour « Les Illuminations ».
Le tirage était prévu à quatre-cents exemplaires réguliers et dix exemplaires pour les collaborateurs.
Le projet totalise quinze illustrations réalisées au pochoir et à la technique de la lithographie, d’après des œuvres originales.
Pour les tirages de tête, les vingt-cinq premiers ouvrages du tirage étaient dotés d’une gouache originale de Léger ainsi que les cinq premiers numéros réservés aux collaborateurs. L’artiste disposait pour son usage de trois éditions dites « hors-commerce ».
Les lithographies étaient colorisées au pochoir par des artisans. Cependant, Léger ayant une vision très précise de ce qu’il souhaitait obtenir, ne manqua pas de partager sa déception quand il découvrit une version préliminaire de l’ouvrage en 1949.
En effet, selon Léger, il fallait exécuter la colorisation au pochoir, avant d’appliquer le trait lithographique, car la colorisation opacifiait par endroit le trait.
Hors, d’un point de vue technique, apposer la lithographie après le pochoir risquait de mouiller et de faire baver la gouache. Léger avait donc émis l’idée de réaliser l’ensemble des hors-textes en lithographie.
La conception des tirages nécessitait que Fernand Léger envoie des projets à la gouache, à l’éditeur Louis Grosclaude. L’éditeur imprimait alors des épreuves d’essai et Léger après validation de l’épreuve signait le bon à tirer.
Au sein de ces quinze compositions, et parmi les quatre-cents ouvrages édités, il n’est pas rare de constater des variations tant en matière de dessin que d’opacité de la gouache ; plusieurs versions pour chaque composition existent. Il est donc probable que plusieurs épreuves d’essai furent validées pour la conception de l’ouvrage.
D’autre part, véritable collectionneur, M. Grosclaude acheta de nombreuses gouaches originales à Fernand Léger, en plus de son projet éditorial pour « Les Illuminations ».
On sait par l’étude des documents notariés de M. Grosclaude en 1957 (édités dans le fascicule « Autour de Fernand Léger ») que ce dernier a acheté entre 1948 et 1952, 152 gouaches à Léger. La gouache originale présentée dans notre vente provient de cet ensemble.
L’ensemble que nous présentons est à ce titre exceptionnel : il représente 7% de la production achetée par M. Grosclaude à Leger.
Le modèle de cette gouache dérive d’une photographie de Rimbaud prise par Etienne Carjat en 1871. La photographie originale étant perdue, l’œuvre nous est parvenue par le biais de copies. Plusieurs versions dérivées de cette photographie existent.
Dans les versions datées de 1948, l’artiste est représenté à hauteur de buste, le col boutonné avec un nœud. Les contours sont graphiques, le regard perdu, avec une chevelure faite d’une multitude de traits d’encre.
Notre gouache ne fait pas partie de ce type. En effet, elle relève d’un autre portrait plus stylisé et coloré. C’est ce portrait qui est repris en grande majorité sur le frontispice « [des] Illuminations ».
Le col a disparu, la chevelure et les traits sont épurés et quelques lignes soulignent la force du visage. Dans les lithographies de l’ouvrage, le portrait est représenté sur un fond blanc, la chevelure soulignée de vert et de jaune.
Notre gouache est donc celle qui se rapproche le plus de la conception finale de l’ouvrage.
La figure de Rimbaud nous est présentée sur un fond orange, véritable essentialisation de la ligne et de la couleur du visage.



