Sam SZAFRAN (1934-2019)
Composition à l’escalier
Aquarelle sur soie signée en rouge, en bas au centre
52 x 31 cm (à vue)
Encadrement moderne
Cette œuvre va figurer au catalogue raisonné de Sam Szafran actuellement en cours de préparation par Julia Drost.
Rapport de condition disponible sur demande à l’adresse :
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Notice
Dans sa seconde série des escaliers (1992-1995), Szafran poursuit son introspection et son rapport aux escaliers. Fait notable, il modifie sa technique pour ne dessiner quasi exclusivement qu’à l’aquarelle sur soie alors qu’auparavant ce dernier utilisait du pastel gras sur papier.
Dans une volonté de transposer à la fois l’extérieur et l’intérieur de la vue, il aplatit et soumet l’espace à son tableau. « L’inconnu en bleu » a disparu de ses compositions et l’escalier est fréquemment représenté vide de présence humaine. Szafran s’est néanmoins représenté une fois avec deux amis (Obsession d’un peintre, n° 72 pp. 127, Escalier avec Jacques Kerchache, François Barbâtre et l’artiste, 1993).
Rappelons que Sam Szafran, fils d’émigrés juifs polonais a échappé à la Rafle du Vel d’Hiv et a vécu de manière très précaire, caché à la campagne entre 1940 et 1944 avant de se faire arrêter et déporté à Drancy avant la libération par les Américains.
L’escalier, seul point d’accès à une éventuelle cachette et lieu de passage fut pour Szafran une source d’inquiétude difficile à surmonter. Ce traumatisme de la Seconde Guerre mondiale a bouleversé Szafran, a gâché son enfance et l’a orienté vers une production très introspective et solitaire de sa vie. En effet, Szafran se désintéresse du monde dans lequel il vit et de ses débats. Il n’aime pas voyager, il souffre de vertige et quitte rarement son atelier. Ce lieu que tout le monde fréquente lui sert alors d’exutoire à ses peurs. Sa technique ayant changé, les coloris également ne sont plus les mêmes, les vues éclatées se parsèment de vert sombre, les plans sont plus larges, l’escalier semble plus serein.
Au cours des différentes expositions autour de Sam Szafran, un parallèle est mis en lumière entre la vue, la musique et le thème de l’escalier. Chaque marche compose une partition, quelque chose qui s’additionne et forme un tout unique à l’instar d’un spectre chromatique ou d’une composition de musique. En effet, la musique passionne Szafran et il se plaît à évoquer les crescendos et les nuances d’une gamme.
À la fin de sa seconde série d’escaliers, Szafran concrétise son cheminement et son acceptation en réduisant l’escalier à la ligne de la rampe et de quelques éléments comme le pavement de l’entresol sur un fond uni et qui s’apparente sans aucune mégarde possible à une note de musique d’un point de vue graphique, la rampe faisant office d’une queue de note.
Œuvres comparatives :
-Jean CLAIR, Szafran, SKIRA, 1996 : n°14 pp. 193
-Jean CLAIR, Szafran, SKIRA, 1996 : n°8 pp. 188
-Jean CLAIR, Szafran, SKIRA, 1996 : n°19 pp. 196



