Fernand LÉGER (1881-1955)
La table jaune, 1952
Encre et gouache sur papier, monogrammée « FL » et datée « 52 » en bas à droite
Inscription manuscrite au crayon au dos « Gouache originale de Fernand Léger cédée par l’artiste au soussigné le 14 novembre 1952 » et au stylo « cédée …, banquier à Zurich, je l’ai rachetée en janvier 1965 ». Signée « L. Grosclaude » par deux fois sous chaque légende.
45,5 x 54,5 cm (à vue)
Rapport de condition disponible sur demande à l’adresse :
contact@neo-encheres.com
Provenance
Collection de Monsieur F.
Collection de Louis Grosclaude
Nous remercions le comité Léger d’avoir confirmé l’authenticité de cette œuvre.
Un certificat d’authenticité sera remis à l’acquéreur. L’œuvre est intégrée au catalogue raisonné sous la référence 202402-000501.
Notice
Louis Grosclaude est un éditeur suisse installé à Lausanne.
Amateur du travail de Fernand Léger, il a pour projet de publier une luxueuse édition du recueil de poèmes d’Arthur Rimbaud (1854-1891) : « Les Illuminations ». Le 28 janvier 1949, le contrat est conclu entre Louis Grosclaude et Fernand Léger, marquant le début du projet pour « Les Illuminations ».
Le tirage était prévu à quatre-cents exemplaires réguliers et dix exemplaires pour les collaborateurs.
D’autre part, véritable collectionneur, M. Grosclaude acheta de nombreuses gouaches originales à Fernand Léger, en plus de son projet éditorial pour « Les Illuminations ».
On sait par l’étude des documents notariés de M. Grosclaude en 1957 (édités dans le fascicule « Autour de Fernand Léger ») que ce dernier a acheté entre 1948 et 1952, 152 gouaches à Léger. La gouache originale présentée dans notre vente provient de cet ensemble.
L’ensemble que nous présentons est à ce titre exceptionnel : il représente 7% de la production achetée par M. Grosclaude à Leger.
Biographie
« J’ai voulu marquer un retour à la simplicité par un art direct, compréhensible pour tous, sans subtilité. »
Fernand Léger, 1945
Fernand Léger (1881-1955) est né à Argentan, en Normandie, dans un milieu rural. Figure majeure et artiste prolifique de l’art moderne, il commence sa carrière en 1897 en tant qu’apprenti, dans un cabinet d’architecture à Caen, puis il déménage à Paris en 1900. En 1903, Fernand Léger s’initie à la peinture en partageant un atelier avec André Mare mais il commence véritablement à peindre en 1905. Fernand Léger s’installe en 1907 à La Ruche, cité d’artistes à Paris. Ce dernier y découvre le travail de Pablo Picasso et de Georges Braque tout en se liant d’amitié avec Robert Delaunay, Marc Chagall, Blaise Cendrars entre autres, célèbres figures des Avant-gardes.
Fernand Léger entre dans une période cubiste, renommée « tubiste » par le célèbre critique d’art Louis Vauxcelles (1870-1945). En 1920, il cofonde la revue « L’Esprit Nouveau » avec Le Corbusier et Amédée Ozenfant. Ils collaborent à des projets de décoration, des cartons de tapisserie et même à la réalisation cinématographique en 1924 avec le film « Le Ballet mécanique » dont Man Ray fut un des collaborateurs.
Cette même année, Fernand Léger crée l’Académie de l’art moderne au 86 rue Notre-Dame-des-Champs à Paris. Il y enseigne, d’abord avec Emile Othon Friez puis avec Amédée Ozenfant. En octobre 1940, il embarque pour les États-Unis depuis le port de Marseille et enseignera à l’université de Yale.
À son retour en France au début de l’année 1946, il se consacre à des projets monumentaux comme par exemple les vitraux de l’Eglise d’Audincourt, dans le Doubs. Il se tourne également vers des projets d’illustration, marquant la période dite « post-mécanique », avec des œuvres comme « Les Illuminations », projet datant du début de l’année 1949, et « Le Cirque » vers 1950.
Enfin, Léonce Rosenberg (1879-1947), éminent marchand d’art, dira : « Si Picasso est aristocratique comme un roi, Léger est vrai comme un Dieu. J’aime les deux. Léger est le premier de tous les artistes qui ait créé de la vie sans la copier ».



